JILL POULLIN
47 bd d’Austrasie, 54000 NANCY
ATP RDM : Pouvez-vous vous présenter ?
Jill Poullin : Je suis ébéniste d’art, installée à Nancy depuis août 2024. Originaire de Paris, j’ai vécu à Montréal, Tahiti, La Réunion, la Drôme…Mon premier métier était animatrice 3D dans le cinéma d’animation. J’ai débuté en ébénisterie en 2020, mais mon activité de création de mobilier a démarré en novembre 2025.
Comment votre goût pour l’animation se retrouve-t-il dans votre travail actuel ?
Je réinterprète mon précédent métier en décomposant le mouvement. J’en faire apparaître la succession d’images qui le compose. En sélectionnant les plus pertinentes, je les crée en bois avec une technique spécifique, pour que ça devienne une partie de mon mobilier. C’est le thème de ma première collection, elle parle de nos chemins de vie, de nos trajectoires.
Animer, c’est aussi transmettre des émotions, faire croire à la réalité d’un personnage. J’ai envie que l’on puisse transmettre nos ressentis par le mouvement, que l’on devienne nos propres personnages… En créant un rocking-chair, ou un tabouret-culbuto, je permets une certaine liberté de mouvement, qui devient vecteur de communication non-verbale.
Quel est votre statut actuellement ?
Je suis intégrée à la coopérative Artenréel, dont le siège social est basé à Strasbourg.
Où se trouve votre atelier et pourquoi ?
Il se situe au 47 boulevard d’Austrasie, à l’Octroi. Plus précisément dans la petite halle. Ce tiers-lieu bénéficie d’ateliers de plain-pied et j’ai eu la chance de postuler au bon moment.
En quoi consiste le métier d’ébéniste ? Cela diffère de la menuiserie ?
C’est en effet un peu différent : le.la menuisier.e fait des portes, des fenêtres, tout ce qui a trait à la maison, mais i.elle peut aussi faire du mobilier.
L’ébéniste, en plus d’être un nom qui ne nécessite pas une écriture inclusive, construit essentiellement des meubles ou de petits objets. Sa spécialité, c’est le placage : de fines feuilles de bois précieux collées sur un bâti de bois moins onéreux. Historiquement, le nom d’ébéniste vient des menuisiers qui ont commencé à plaquer des feuilles (épaisses) d’ébène sur des structures de meuble au temps de Louis XIII. Ce bois était tellement cher et tellement lourd qu’ils ont eu l’idée de le découper dans le sens de la longueur, en fines tranches, pour le coller sur du bois local, généralement du chêne ou du noyer.
Quelle part de créativité réside dans votre activité ?
Elle est assez importante. Pour chaque meuble ou aménagement conçu, il y a toujours une recherche graphique, en fonction des proportions et de l’esthétique épurée que je développe.
J’aime aussi penser à la vie de l’objet : dans le cas où il a besoin d’être réparé, ou déplacé, cela nécessite d’anticiper la construction, et donc aussi le dessin.
« Quelles sont les qualités d’un beau meuble d’art ? Que l’on reconnaisse l’identité de l’artiste, qu’il soit élégant, sans concéder ni à la solidité, ni à l’ergonomie. »
Quels services proposez-vous ?
En parallèle de la vente et du développement de mes créations, je propose des services d’agencement d’intérieur en bois massif.
J’organise de temps en temps des ateliers de découverte du bois dans mon atelier et j’anime aussi des ateliers pour les enfants, en centre de loisirs ou pendant des opérations type “Ecole ouverte”, comme l’an dernier au collège Albert Camus de Jarville.
Travaillez-vous avec des entreprises ?
Pas encore, mais j’aimerais accompagner des entreprises dans leur besoin de réaménager ou remeubler un espace dans leurs locaux, leur proposer des solutions sur-mesure. Je recherche aussi des prescripteurs pour mes créations : galeristes, architectes d’intérieur.
Pourquoi avoir rejoint l’ATP Rives de Meurthe ?
J’ai intégré l’association pour développer mon réseau professionnel à Nancy, et manger des petits fours est un petit plus !



